Nican Mopohua
Récit des apparitions de décembre 1531 de Notre
Dame de Guadalupe au Mexique
Auteur: Antonio Valeriano (1520-1605)
Traduit du Náhualt à l’Espagnol par le Père
Mario Rojas Sánchez en 1995
Traduit de l'espagnol au francais par Soeur Maria Astrid Comunidad de
las Bienaventuranzas. Atlisco, Pue. Mexique.
NICAN MOPOHUA
Nous allons vous raconter, mettre en ordre, comment, il y a
peu, la Parfaite Vierge Marie et Sainte Mère de Dieu, notre Reine,
à qui on a donné le nom de GUADALUPE, est apparue miraculeusement
là-bas, sur le Tepeyac.
Elle s´est montrée en premier lieu à un indien,
du nom de Juan Diego; puis plus tard sa précieuse Image s´est
révélée devant le nouvel évêque, Don
Fray Juan de Zumárraga(……)
1-Dix ans après la conquête de la ville de Mexico, alors
que l´on avait enfin déposé les flèches,
les boucliers, et que la paix régnait, partout entre les peuples,
2-Et que de même, la foi et la connaissance de Celui par qui tout
vit: Le Vrai Dieu, avait jailli, déjà verdoyait et ouvrait
sa corolle.
3-Donc à cette époque, en l´an 1531, au début
du mois de décembre, un indigène, un pauvre homme du peuple,
4-Qui s´appelait Juan Diego, d´après ce que l´on
dit, voisin de Cuauhtitlan,
5-Mais quant aux choses de Dieu, en tout dépendant de Tlatilolco.
6-Marchait en pensant à Dieu et à ce qu´il devait
faire. C´ était un samedi, très tôt le matin.
7-En arrivant près de la petite montagne appelée Tepeyac,
le jour pointait déjà.
8-Il entendit chanter là-haut sur la colline, comme un chant
provenant de multiples oiseaux de grand prix; et quand ils s´arrêtaient
de chanter, il semblait que la colline elle même leur répondait
avec des chants incroyablement doux, captivants, surpassant le chant
du coyoltototl ou celui du tzinitzcan ou celui d´autres oiseaux
de grande classe.
9-Juan Diego s´arrêta pour regarder autour de lui. Il se
demanda: "par quel hasard serais-je digne, mériterai-je
d´écouter ce que j´ entends ? Ne serais-je pas en
train de rêver? Est-ce que je le vis comme entre deux rêves?
10-Où suis-je ? Où est-ce que je me trouve? Serais-je
pas par hasard en cet endroit dont nous parlèrent nos ancêtres,
nos grands-parents : la terre des fleurs, la terre du maïs, de
notre chair, de notre substance, ou peut- être en la terre céleste?"
11- Et il regarda là-haut, en direction du sommet de la petite
montagne, d´où provenait ce précieux chant céleste.
12-Quand le chant s´arrêta tout d´un coup, quand il
ne l´entendit plus, alors il entendit qu´on l´appelait
depuis le sommet de la colline, et qu´on lui disait : "Juanito,
JUAN DIEGUITO".
13-Aussitôt, il osa aller là où on l´appelait;
pas la moindre inquiétude n´agitait son coeur, rien ne
l´altérait, bien au contraire, il se sentait extrêmement
gai et content , et il grimpa ainsi la petite montagne pour découvrir
d´où on l´appelait.
14- En arrivant au sommet de la colline, il vit une Jeune Fille qui
se tenait là debout,
15. Elle l´appela pour qu´il se rapproche d´Elle.
16. Quand il arriva près d´Elle, il admira avec émerveillement
combien sa grandeur parfaite surpassait de loin tout ce qu´il
y avait de plus beau:
17. Son vêtement brillait comme le soleil, comme s´il le
réverbérait,
18. la pierre, le rocher sur lequel Elle se tenait, semblait lancer
des éclairs;
19. Et quant à Elle, son éclat ressemblait à celui
des pierres précieuses, semblable à celui d´un bracelet
( ce qu’il y a de plus beau)
20. La terre brillait avec la même splendeur que celle d´un
arc en ciel irradiant dans la brume.
21. Les arbustes, les cactus et autres petites herbes qui poussent dans
ce coin, ressemblaient à des émeraudes. Leur feuillage
se voyait pareil à des turquoises. Leurs troncs, leurs épines,
brillaient comme de l´or.
22. En sa présence il se prosterna. Il écouta son souffle,
sa parole, qui était au plus haut point glorificants, extrêmement
affable, comme celui de quelqu´un qui l´attirait, et l´estimait
beaucoup.
23. Elle lui dit: "ECOUTE, MON FILS, LE PLUS PETIT, JUANITO, OÙ
VAS-TU?."
24. Il lui dit : "Ma Dame, ma reine , ma petite fille, je vais
aller à ta petite maison, à Mexico Tlatilolco, pour y
apprendre les choses de Dieu que l´on nous donne là-bas,
que nous enseignent ceux qui sont les images de Notre Seigneur : nos
prêtres."
25. Et tout de suite, dans ce dialogue qu´Elle a avec lui, Elle
lui révèle sa volonté précieuse;
26. Ell lui dit: "SACHE-LE BIEN, ACCUEILLE-LE COMME VERITE, MON
FILS LE PLUS PETIT, QUE JE SUIS LA PARFAITE, TOUJOURS VIERGE, SAINTE
MARIE, MERE DU DIEU VRAIMENT VRAI, PAR QUI TOUT VIT, LE CREATEUR DES
PERSONNES, LE PROPRIETAIRE DE CE QUI EST PROCHE ET LOINTAIN, MAITRE
DU CIEL, MAITRE DE LA TERRE, ET JE SOUHAITE , JE DESIRE VRAIMENT, QU´
ON ELEVE ICI MA PETITE MAISON SACREE;
27. OU JE LE MONTRERAI ET JE L´EXALTERAI EN LE REVELANT:
28. JE LE DONNERAI AUX GENS DANS TOUT MON AMOUR FAIT PERSONNE, EN MON
REGARD DE COMPASSION FAIT PERSONNE, EN MON AIDE PERSONNIFIEE, EN MON
SALUT FAIT PERSONNE;
29. PARCE QU´ EN VERITE, JE SUIS VOTRE MERE COMPASSIVE,
30. LA TIENNE ET CELLE DE TOUS LES HOMMES QUI EN CETTE TERRE ETES UN
,
31. ET DE TOUTES LES DIVERSES RACES D´ HOMMES, CEUX QUI M´
AIMENT, CEUX QUI CRIENT VERS MOI, CEUX QUI ME CHERCHENT, CEUX QUI SE
CONFIENT EN MOI,
32. PARCE QU´ICI J´ECOUTERAI LEURS PLEURS, LEUR TRISTESSE,
POUR Y REMEDIER, POUR GUERIR TOUTES LEURS DIFFERENTES PEINES, LEURS
MISERES, LEURS DOULEURS.
33. ET POUR REALISER CE QUE SOUHAITE MA MISERICORDE COMPATISSANTE, VA
AU PALAIS DE L´EVEQUE DE MEXICO, ET TU LUI REVELERAS COMBIEN JE
DESIRE QU´ EN CE LIEU IL M´ OFFRE UNE MAISON, IL ME CONSTRUISE
UN TEMPLE DANS LA PLAINE; TU LUI RACONTERAS TOUT CE QUE TU AS VU ET
ADMIRE, ET CE QUE TU AS ECOUTE
34. ET SOIS ASSURE QUE JE T´EN SERAI TRES RECONNAISSANTE ET QUE
JE TE LE PAIERAI,
35. QUE POUR CELA, JE T´ENRICHIRAI, JE TE GLORIFIERAI;
36. TU MERITERAS QUE JE TE RECOMPENSE DE TA FATIGUE, DE TON SERVICE
, EN ALLANT SOLLICITER CETTE AFFAIRE
AUPRES DE QUI JE T´ ENVOI.
37. TU AS ECOUTE, MON FILS, LE PLUS PETIT, MON ESPRIT, MA PAROLE; VA
ET FAIS TOUT CE QUE TU PEUX."
38. Immédiatement en sa présence, il se prosterna et lui
dit :"Ma Dame, Ma petite Fille, je vais réaliser ton esprit
vénérable, ta parole vénérable; et maintenant,
je me sépare de toi, moi ton pauvre petit indien."
39. Et aussitôt il descendit de la colline pour mettre en oeuvre
la mission dont il était chargé; il prit l´allée
qui l´amenait directement à Mexico.
40. Quand il entra à l´intérieur de la cité,
il alla tout droit au palais de l´évêque, qui venait
d´arriver il y a bien peu, c´était le "gouverneur
des prêtres"; son nom: Don Fray Juan de Zumárraga
prêtre de l´ordre de Saint François.
41. En arrivant, il essaya aussitôt de le voir, suppliant ses
serviteurs, ses assistants, pour qu´ils aillent le lui dire;
42. Après une longue attente, quand le Seigneur Evêque
donna l´ordre de le faire entrer, on vint l´ appeler.
43. En entrant, il s´agenouilla aussitot devant lui, il se prosterna,
et ensuite il lui révéla, il lui transmit le "souffle
précieux", la précieuse parole de la Reine du Ciel,
son message, et aussi il lui raconta tout ce qu´il avait admiré,
tout ce qu´il avait vu et entendu.
44. Et ayant écouté tout son récit, son message,
il semble qu´il n´y crut guère,
45. Il lui répondit, en disant:"Mon fils tu viendras une
autre fois, et je t´écouterai avec plus de patience, et
j’examinerai, je considèrerai la raison pour laquelle tu
es venu, ta volonté, ton désir."
46. Il sortit, il était triste parce qu´il n´avait
pas pu réaliser tout de suite sa mission.
47. A la fin du jour, il prit le chemin du retour, et se dirigea directement
au sommet de la colline.
48. Il eut la joie de revoir la Reine du Ciel: en ce même endroit
où elle lui était apparue la première fois, Elle
l´attendait.
49. En la voyant, il se prosterna face contre terre et lui dit:
50. "Ma petite Patronne, ma Dame, ma Reine, ma plus petite fille,
jeune fille, je suis allé là où tu m´as envoyé
pour accomplir "ton aimable souffle", "ton aimable Parole";
difficilement je suis entré dans le lieu où habite le
"gouverneur des prêtres", je l´ai vu, et je lui
ai transmit "ton souffle" "ta Parole" comme tu me
l´as demandé.
51. Il m´a reçu aimablement et je l´ai écouté
parfaitement, et de la manière dont il m´a répondu,
il semblerai qu´il n´ai pas compris, qu´il n´y
ai pas cru.
52. Il m´a dit: "tu viendras une autre fois, et avec calme
je t´écouterai, et j´examinerai dès le début
ce pourquoi tu es venu, ton désir, ta volonté."
53. Et j´ai bien vu, quand il m´a répondu, qu´il
pensait que la maison que tu désires qu´ils te fassent
ici, je l´avais inventée ou que cela ne venait peut-être
pas de tes lèvres.
54. Vraiment je te supplie, ma Dame, Reine, ma petite jeune fille, que
tu demandes plutôt à un de ces nobles, estimés,
qui soit connu, respecté, honoré, et que tu le charge
de mener à bien ton "aimable souffle", ton "aimable
Parole" pour qu´il soit cru.
55. Parce qu´en vérité, je suis un homme de la campagne,
je suis la dernière roue de la charrette, je suis un mulet de
charge; j´ai besoin moi-même d´être conduit,
porté sur des épaules, là où tu m´envoies
n´est pas un lieu pour moi, petite vierge mienne, ma fille la
plus petite, ma Dame, mon enfant;
56. Excuse-moi s´il te plait : je vais affliger avec peine ton
visage et ton coeur; je vais tomber sous ton courroux, dans ton mépris,
ma Dame et Maîtresse."
57. La Parfaite Vierge, digne d´honneur et de vénération,
lui répondit:
58. "ECOUTE, TOI LE PLUS PETIT DE MES FILS ,CROIS BIEN QUE JE NE
MANQUE NI DE SERVITEURS, NI DE MESSAGERS QUI PUISSENT SE CHARGER DE
TRANSMETTRE MON SOUFFLE, MA PAROLE, POUR QU´ILS ACCOMPLISSENT
MA VOLONTE;
59. MAIS IL EST ABSOLUMENT NECESSAIRE QUE TOI PERSONNELLEMENT , TU AILLES,
QUE TU SUPPLIES, QUE PAR TON INTERCESSION SE REALISE ET SE MENE A BIEN
MON DESIR, MA VOLONTE.
60. ET JE TE SUPPLIE GRANDEMENT MON FILS LE PLUS PETIT, ET AVEC RIGUEUR
JE TE DONNE L´ ORDRE UNE FOIS DE PLUS D´ ALLER VOIR L´
EVEQUE DEMAIN .
61. FAIS LUI SAVOIR DE MA PART, FAIS LUI ENTENDRE MA VOLONTE, MON DESIR,
POUR QU´IL REALISE ET FASSE ICI MON TEMPLE, QUE JE LUI DEMANDE.
62. ET DIT LUI BIEN, DE NOUVEAU, DE QUELLE MANIERE JE T´ ENVOI,
MOI ,PERSONNELLEMENT, LA TOUJOURS VIERGE SAINTE MARIE, MOI, LA MERE
DE DIEU."
63. Juan-Diego, quant à lui répondit, il lui dit:"Ma
Dame , ma Reine, ma petite fille, que je n´angoisse plus avec
peine ton visage, ton coeur; j´irai avec joie mettre en oeuvre
"ton souffle", "ta Parole"; et en aucune façon
j´abandonnerai le chemin ni le considérerai comme pénible.
64. J´irai mettre en oeuvre ta volonté, mais il est possible
que l´on ne m´écoute pas , et si l´on m´écoute
il est possible que l´on ne me croit pas.
65. Demain, dans l´après-midi, au coucher du soleil, je
viendrai te donner la réponse, du "gouverneur des prêtres
", à "ton souffle" à "ta parole".
66. Maintenant , je prends respectueusement congé de Toi, ma
Fille la plus petite, Jeune fille, Ma Dame, repose toi encore un peu.
67. Et il s´en alla à sa maison pour se reposer.
68. Le jour suivant, Dimanche, alors qu´il faisait encore nuit,
tout était encore obscur, il sortit de sa maison, et se dirigea
droit à Tlatilolco, pour aller étudier tout ce qui concerne
les affaires de Dieu et être pointé sur la liste; ensuite
il alla voir le Seigneur Evêque.
69. Il était environ dix heure, quand il fut prêt : il
avait suivi la messe, répondu à la liste d´appel
et la foule s´était dispersée.
70. Juan Diego alla aussitôt au palais du Seigneur Evêque.
71. Quand il arriva, il fit tout son possible pour le rencontrer, et
après beaucoup d´efforts, il le vit de nouveau;
72. Il s´agenouilla à ses pieds, il pleura, et devint tout
triste en lui parlant et en lui révélant la "parole","
le souffle" de la Reine du Ciel,
73. Pour qu´enfin soit cru le message, la volonté de la
"parfaite Vierge", de lui faire , de lui édifier sa
petite maison sacrée , là où elle l´avait
dit, là où elle la voulait;
74. Et le gouverneur évêque, lui demanda beaucoup de choses,
le questionna, pour pouvoir s´assurer de l´endroit où
il l´avait vue, à quoi elle ressemblait, il raconta tout,
absolument tout, au Seigneur évêque.
75. Et bien qu´il lui déclara absolument tout, et qu´en
toute chose il pu voir, admirer avec clarté qu´il apparaissait
qu´Elle était La Parfaite Vierge, l´aimable, Merveilleuse
Mére de Notre Sauveur, de Notre Seigneur Jésus-Christ,
76. Cela, cependant, ne se réalisa pas tout de suite.
77. Il lui dit que cela ne se réalisera pas sur sa seule Parole
, sur sa seule demande.,
78. Qu´il était fort nécessaire d´obtenir
un autre signe pour croire qu´il était l´envoyé
de la Reine du Ciel en personne.
79. Dés qu´il eut entendu ces paroles, Juan Diego dit á
l´évêque :
80. "Seigneur gouverneur", considérez bien quel doit
être le signe que vous demandez, car je vais immédiatement
en faire la demande à la Reine du Ciel qui m´a envoyé
".
81. Et voyant que l´évêque acquiessait, et qu´il
ne doutait ni vacillait, il se retira.
82. Dès qu’ il sortit, l´évêque ordonna
tout de suite à des gens d´absolue confiance de sa maison,
de le suivre et d´observer bien où il irait, qui il verrait
et avec qui il parlerait.
83. Et ainsi fut fait. Juan Diego partit directement suivant l´allée.
84. Et ceux qui le suivaient, arrivés au ravin près du
Tepeyac, sur le pont de bois, le perdirent. Et bienqu´ils le cherchèrent
de tous côtés, ils ne le virent plus.
85. Et ils s´en retournèrent. Non seulement parcequ´ils
étaient grandement fatigués, mais aussi parcequ´ils
échouèrent dans leur mission, et cela les mit en colère.
86. Et dans cet état ils firent leur rapport à l´évêque,
ils lui mirent en tête de ne pas le croire, ils racontèrent
des mensonges disant que tout ce qu´il venait de dire et demander
n´était qu´ inventions qu´il avait rêvées
ou imaginées.
87. Et ainsi ils le déterminèrent, s´il revenait,
à le chasser, à l´empoigner, et à le châtier
fermement, pour qu´il ne revienne plus dire de mensonges, ni troubler
la population.
88. Entre temps, Juan Diego était avec la Sainte Vierge, lui
rapportant la réponse de l´évêque.
89. Et quand Elle l´eut écouté, Elle lui dit:
90. "C´EST BIEN , MON ENFANT, TU REVIENDRAS ICI DEMAIN POUR
DONNER A L´ EVEQUE LE SIGNE QUE TU M´AS DEMANDE:
91. ET AVEC CELA IL TE CROIRA ET IL NE DOUTERA PLUS DE TOI NI TE SOUPÇONNERA
POUR LE RESTE;
92. ET SACHE, MON FILS, QUE JE PAIERAI TON ATTENTION, TON TRAVAIL, ET
TA FATIGUE, QUE TU AS DEPENSE POUR MOI ;
93. ALLONS, VA MAINTENANT; DEMAIN, JE T´ ATTENDRAI ICI."
94. Et le jour suivant, lundi, alors que Juan Diego devait apporter
un signe pour être cru, il n´y retourna pas.
95. Car lorsqu´il vint à sa maison, un de ses oncles de
nom Juan Bernardino, était tombé gravement malade.
96. Il partit chercher un médecin, il s´occupa de lui mais
il était déjà trop tard son état était
très grave.
97. Et quand la nuit tomba, son oncle le supplia, qu´à
la pointe du jour, quand il fait encore nuit, il aille là-bas,
appeler un des prêtres de Tlatilolco pour qu´il puisse le
confesser, et qu´íl puisse se préparer,
98. Car il était sur que le temps et le lieu était venu
de mourir, et qu´il ne se lèverait plus et qu’ il
ne guérirait pas.
99. Et le mardi, alors qu´il faisait encore bien nuit,Juan Diego
sortit de sa maison pour aller chercher le Prêtre à Tlaltilolco,
100. Et quand il arriva près de la colline, à la pointe,
au pied de la chaine de montagnettes là où commence le
chemin, là où le soleil se couche, d´où avant
il était sortit, il se dit:
101. "si je vais tout droit, je risque fort que la Dame me voit
et certainement , comme avant, elle m´arrêtera pour que
j´aille porter le signe au gouverneur ecclesisastique comme elle
me l´a demandé;
102. qu´elle nous laisse d´abord à notre tribulation;
qu´avant tout j´appelle rapidement le prêtre religieux
que mon oncle ne fait plus qu´attendre.
103. De suite il fit un détour et grimpa par le milieu de la
colline et de là, coupant vers la partie orientale, il sortit
pour arriver rapidement à Mexico, afin que la Reine du Ciel ne
le retienne pas.
104. Il pensait que par ce détour ne le verrait pas, celle qui
regarde parfaitement en tout lieu.
105. Il la vit, alors qu´il descendait de la colline, et que de
là d´où Elle l´avait vu antérieurement
Elle était en train de l´observer.
106. Et Elle vint à sa rencontre, par un côté de
la colline, Elle vint arrêter ses pas; elle lui dit:
107. "QUE SE PASSE T-IL, LE PLUS PETIT DE MES FILS ?
OU VAS –TU ? OU TE DIRIGES-TU ?
108. Et lui, peut-être éprouva t-il de la gêne ou
peut-être de la honte, ou peut- être s´effraya t-il
? il se mit à trembler.
109. En sa présence, il se prosterna, il la salua, et lui dit:
110. "Jeune fille, ma fille la plus petite, mon enfant, j´espère
que tu es contente; comment t´es tu réveillée ?
Te sens- tu bien en ton petit corps aimé, ma Dame, mon enfant
?
111. C´est avec peine que je chagrinerai ton visage, ton coeur
: j´ai a te dire, ma petite fille, qu´un de tes serviteurs,
mon oncle est très grave.
112. Une grave maladie le tient couché, et certainement il ne
tardera pas à en mourir.
113. Et maintenant j´irai rapidement à ta maison de Mexico,
pour appeler un des aimés de notre Seigneur, un de nos prêtres
pour qu´il puisse aller le confesser et le préparer,
114. Car en réalité c´est pour cela que nous sommes
nés, nous sommes venus préparer le travail de notre mort.
115. Dés que je lui aurai apporté ce secours, je reviendrai
ensuite pour aller porter ton "souffle", Ta Parole, Madame,
ma jeune fille.
116. Je te supplie de me pardonner, d´avoir un peu de patience,
car je ne te ments pas en cette affaire, ma fille la benjamine, mon
enfant, demain sans faute je viendrai le plus vite possible"
117. Quand Elle eut entendu les explications de Juan Diego, la très
Pieuse et Vierge Parfaite, lui répondit:
118. ECOUTE METS LE BIEN DANS TON COEUR, MON FILS LE PLUS PETIT, CE
N´ EST RIEN , CE QUI TE FAIT PEUR, CE QUI T´AFFLIGE; QUE
TON VISAGE ET TON COEUR NE SE TROUBLENT PAS, NE CRAINS PAS CETTE MALADIE,
NI AUCUNE AUTRE MALADIE, NI RIEN DE DOULOUREUX NI D´ AFFLIGEANT.
119. NE SUIS-JE PAS ICI, MOI QUI SUIS TA MERE ?
N´ ES TU PAS SOUS MON OMBRE ET MA PROTECTION ?
NE SUIS-JE PAS LA SOURCE DE TA JOIE ?
N´ ES-TU PAS DANS LE CREUX DE MON MANTEAU, DANS LE CREUX DE MES
BRAS ?
AS-TU BESOIN D´ AUTRE CHOSE ?
120. QUE RIEN D´ AUTRE NE T´ AFFLIGE, NE TE TROUBLE: QUE
LA MALADIE DE TON ONCLE NE TE TOURMENTE PAS, CAR MAINTENANT IL NE MOURRA
PAS DE CETTE MALADIE. SOIS CERTAIN QU´ IL EST BIEN A PRESENT."
121. Et en cet instant son oncle guérit comme plus tard il l´apprit.
122. Et quand Juan Diego entendit, cette aimable Parole, cet aimable
souffle de la Reine du Ciel, il en fut consolé et son coeur pacifié,
123. Il la supplia de l´envoyer aussitôt auprès du
"gouverneur évêque", pour lui apporter un signe,
une preuve afin qu´il croit.
124. Et la Reine du Ciel, lui ordonna de grimper au sommet de la colline,
là où il l´avait vue auparavant;
125. Elle lui dit :"MON FILS LE PLUS PETIT, MONTE AU SOMMET DE
LA COLLINE, OU TU M´ AS VUE ET LA OU JE
T´ AI DONNE MES ORDRES;
126. LA TU VERRAS QU´ IL Y A UNE VARIETE DE FLEURS: COUPE-LES,
REUNIS-LES, RASSEMBLE-LES; ET ENSUITE REDESCENDS ET APPORTES-LES MOI
ICI, EN MA PRESENCE.
127. Et Juan Diego se mit aussitôt à grimper la colline,
128. Quand il arriva au sommet, il admira la grande variété
de fleurs épanouies, aux corolles ouvertes, belles et précieuses,
alors que ce n´était pas leur saison:
129. Parce qu´en vérité, en cette saison, il y avait
des gelées fréquentes;
130. Elles émettaient un parfum très suave; comme des
perles précieuses, comme remplies de la rosée nocturne.
131. Aussitôt il commença à les cueillir, il les
réunit, les déposa dans le creux de son poncho.
132. Certainement, le sommet de la colline n´était vraiment
pas un lieu où poussaient les fleurs, car les rochers, les arbustes,
les épines abondaient ; cactus et faux poivrier,
133. Et si par hasard il poussait quelques petites herbes, ce n´était
certainement pas en Décembre où le gel détruisait
et brûlait tout.
134. Il redescendit ensuite, pour amener à l´Enfant Celeste,
les différentes fleurs qu´il avait cueilli,
135. Et quand Elle les vit, Elle les prit entre ses vénérables
mains;
136. Ensuite Elle les remit, toutes ensemble dans le creux de son poncho
et lui dit:
137. "MON ENFANT LE PLUS PETIT, TOUTES CES FLEURS SONT LA PREUVE,
LE SIGNE QUE TU PORTERAS A
L´ EVEQUE;
138. TU LUI DIRAS DE MA PART, QU´ IL VOIT EN ELLES MON DESIR,
ET QUE PAR CELA IL REALISE MON VOULOIR, MA VOLONTE.
139. ET TOI…,TOI QUI EST MON MESSAGER…,EN TOI JE DEPOSE
MA CONFIANCE ABSOLUE;
140. ET JE T´ ORDONNE AVEC FERMETE, QUE SEULEMENT EN PRESENCE
DE L´ EVEQUE TU OUVRE TON PONCHO ET MONTRE CE QUE TU PORTES.
141. TU LUI RACONTERAS AVEC PRECISION, TU LUI DIRAS QUE JE T´AI
ORDONNE DE MONTER AU SOMMET DE LA COLLINE POUR CUEILLIR LES FLEURS,
ET TOUT CE QUE TU AS VU ET CONTEMPLE,
142. AFIN QUE TU PUISSES CONVAINCRE LE GOUVERNEUR- PRETRE, ET QU´
IL METTE DU SIEN POUR QUE SE FASSE,
S´ EDIFIE LE TEMPLE QUE JE LUI AI DEMANDE."
143. Dès que la Reine du Ciel lui donna son ordre, il prit l´allée
directe à Mexico, et il se sentait heureux.
144. Il marchait le coeur en paix, car tout allait bien se passer, et
s´achever parfaitement bien.
145. Il prenait grand soin de ce qui était dans le creux de son
vêtement pour que rien ne puisse en tomber ;
146. chemin faisant, il jouissait du parfum de toutes ces fleurs précieuses.
147. Quand il arriva au palais de l´évêque, le concierge
et les autres serviteurs du"gouverneur des prêtres",
vinrent à sa rencontre,
148. Il les supplia de lui dire qu´il souhaitait le rencontrer,
mais aucun ne voulu, ils faisaient semblant de ne pas comprendre, ou
peut-être était-ce parce qu´il faisait encore nuit.
149. Ou peut-être parce qu´ils le connaissaient déjà
et qu´il les ennuyait et les dérangeait,
150. Et les compagnons qui l´avaient perdu de vue alors qu´ils
le poursuivaient, avaient déjà parlé.
151. Il attendit très longtemps espérant une réponse.
152. Et quand ils virent qu´il restait ainsi très longtemps,
debout, la tête basse, sans rien faire, se tenant prêt à
être appelé, et qu´il semblait porter quelque chose,
qu´il avait dans le creux de son poncho; ils s´approchèrent
alors pour voir ce qu´il apportait et vérifier ainsi.
153. Quand Juan Diego vit qu´il ne pouvait plus leur cacher ce
qu´il portait et qu´ils le pressionneraient, l´empoigneraient,
et même le frapperaient, il leur fit entrevoir alors, qu´il
s´agissait de fleurs.
154. Lorsqu’ils virent que toutes étaient fines et de différentes
espèces, et que ce n´étaient pas la saison pour
qu´elles fleurissent, ils admirèrent avec étonnement,
leur fraîcheur, l´épanouissement des corolles, le
parfum délicieux, leur beauté.
155. Ils voulurent s´en emparer pour en saisir quelques unes;
156. Par trois fois ils essayèrent, mais ils n´y réussirent
absolument pas,
157. Car lorsqu´ils intentaient de les prendre, ils ne voyaient
plus les fleurs, ils les voyaient comme si elles étaient peintes,
ou bordées ou cousues sur le poncho.
158. Ils allèrent dire immédiatement au "gouverneur-
évêque"ce qu´ils avaient vu,
159. Et combien désirait le voir le pauvre indien, qui était
déjà venu, qu´il y avait déjà longtemps
qu´il attendait la permission de le rencontrer.
160. Et le "gouverneur-Evêque", dès qu´il
les entendit, comprit qu´il s´agissait de la preuve qu´il
attendait pour le convaincre de mettre en oeuvre ce que lui demandait
ce pauvre homme.
161. Il donna l´ordre aussitôt pour qu´il passe le
voir.
162. Et entrant en sa présence il se prosterna comme il l´avait
fait auparavant.
163. De nouveau il raconta ce qu´il avait vu, admiré ainsi
que son message.
164. Il lui dit: " Mon Seigneur, Gouverneur, j´ai fait, j´ai
mené à bien ce que tu m´as ordonné;
165. Je suis allé dire à la Dame, ma maitresse, l´Enfant
Celeste, l´Aimable Mère de Dieu, que tu demandais une preuve
pour pouvoir me croire, pour que tu puisses lui faire sa petite maison
sacrée, à l´endroit où elle te demande de
l´édifier;
166. Je lui ai également dit que je t´avais donné
ma parole de venir t´apporter un signe, une preuve de sa volonté,
comme tu m´en as chargé.
167. Elle a bien écouté ton "souffle", "ta
Parole" et Elle a reçu avec plaisir ta demande de signe,
de preuve pour que se réalise, se vérifie son aimable
volonté.
168. Et alors qu´il faisait encore nuit, Elle m´a envoyé
pour que je revienne te voir une fois de plus;
169. Je lui ai demandé la preuve pour être cru, comme Elle
avait promit de me la donner, et aussitôt Elle s´exécuta.
170. Elle m´envoya au sommet de la colline, où je l´avais
vu auparavant, pour que je cueille diverses roses de Castille.
171. Quand je les eu cueillies, je descendis les lui amener;
172. Elle les prit de ses saintes mains,
173. Et les déposa de nouveau dans le creux de mon poncho,
174. Pour que je te les apporte, pour que je te les remette personnellement.
175. Bien que je sache parfaitement que ce n´est pas le lieu où
les fleurs poussent, là-haut, au sommet de la colline, parcequ´il
y a trop de rochers, de ronces, de cactus, de faux –poivriers,
je n´ai pas douté un instant, je n´ai pas hésité.
176. Quand je suis arrivé au sommet, j´ai vu que c´était
un paradis.
177. Il y avait là, la perfection de toutes les variétés
de fleurs les plus précieuses, des plus fines qui puissent exister,
remplies de rosée, splendides, et je me suis mis à les
cueillir,
178. Elle me dit de te les donner de sa part, et qu´ainsi je te
donnerai la preuve; que tu y verrais le signe que tu as demandé
pour réaliser son aimable volonté ,
179. et pour que resplendisse la vérité de ma parole,
de mon message,
180. les voici; fais-moi la faveur de les recevoir."
181. Et aussitôt, il étandit son blanc poncho, dans le
creux duquel il avait déposé les fleurs.
182. Et au moment où toutes les fleurs précieuses tombaient
à terre,
183. Le poncho se transforma en signe ici-même, car tout d´un
coup apparu l´aimable Image de la Parfaite Vierge, Sainte Marie,
Mère de Dieu, en la forme et aspect que l´on voit encore
aujourd’hui ,
184. Et qui est conservée, maintenant, en sa petite maison aimée,
dans sa maison sacré du Tepeyac, et que l´on appelle Guadalupe.
185. Quand l´évêque - gouverneur, et tous ceux qui
se trouvaient là, la virent, ils s´agenouillèrent
tous, et l´admirèrent profondément,
186. Ils se mirent debout pour la voir, ils se remplirent de tristesse
et s´affligèrent, le coeur lourd, la pensée…..
187. L´évêque-gouverneur en larme, avec tristesse,
le supplia, lui demanda pardon de ne pas avoir réalisé
aussitôt sa volonté, son vénérable souffle,
sa vénérable parole.
188. Quand il se leva, il ôta le poncho , le vêtement de
Juan-Diego
189. Sur lequel Elle était apparue et qui s´était
transformé en signe de la Reine Céleste.
190. Et de là, il l´emmena et l´installa dans son
oratoire.
191. Et Juan-Diego passa encore un jour dans la maison de l´évêque
qui le retint encore.
192. Et le jour suivant il lui dit:
-"eh bien, allons ensemble pour que tu nous montres, où
la Reine du Ciel désire que l´on érige son temple."
193. Aussitôt on invita des gens pour le faire, pour le construire.
194. Et Juan-Diego, quand il eut montré où la Dame du
Ciel lui avait ordonné de lui édifier sa petite maison
sacrée, demanda une permission:
195. Il voulait aller chez lui pour voir son oncle Juan-Bernardino qui
était au plus mal quand il l´avait laissé pour aller
appeler un prêtre de Tlatilolco afin qu´il puisse se confesser
et se préparer, et qui selon la Reine du Ciel était déjà
guéri.
196. Mais ils ne le laissèrent pas s´en aller seul, et
ils l´accompagnèrent à sa maison.
197. En arrivant, ils virent que son oncle était guéri
et n´avait plus aucune douleur.
198. Et lui de son côté admira la forme en laquelle son
neveu était accompagné et honoré;
199. Il demanda à son neveu, la raison pour laquelle il était
tant honoré;
200. Il lui raconta comment la Dame du Ciel lui était apparu
sur le Tepeyac, alors qu´il était parti cherché
un prêtre pour le confesser et le préparer ;
201. Comment Elle l´avait envoyé à Mexico pour voir
le gouverneur-évêque, afin qu´il lui construise une
maison sur le Tepeyac.
202. Elle lui avait dit de ne pas être triste, car son oncle était
déjà heureux, et grâce à ces paroles il avait
été trés consolé.
203. Son oncle lui répondit que c´était vrai, qu´à
ce moment précis Elle l´avait guéri,
204. Et qu´il l´avait vue exactement de la même façon
qu´Elle était apparue à son neveu,
205. il lui dit qu´à lui aussi, Elle lui avait demandé
d´aller à Mexico pour voir l´évêque;
206. Et quand il le verrait, qu´il lui révèle absolument
tout, qu´il lui raconte tout ce qu´il avait vu
207. la manière merveilleuse par laquelle il avait été
guéri,
208. Et qu´il serait bien de donner ce nom et d´ appeler
ainsi son aimable image:
LA PARFAITE VIERGE, SAINTE MARIE DE GUADALUPE.
209. par la suite, ils amenèrent Juan Bernardino en présence
du
"gouverneur- évêque", pour qu´il puisse
lui parler et lui donner son témoignage,
210. et l´évêque lui offrit l´hospitalité
avec son neveu Juan Diego, durant quelques jours,
211. pendant que s´érigeait la petite maison sacrée
de l´Enfant Reine, sur le Tepeyac où Elle s´était
montrée à Juan Diego.
212. Le Seigneur évêque, fit translater l´image aimée
de l´aimable Enfant Céleste à l´Eglise Majeure,
213. Il la sortit de son palais, de son oratoire où elle se trouvait,
pour que tous puissent voir et admirer son image aimée.
214. Et absolument toute la ville, sans qu´une seule personne
ne manque, s´émue en voyant et contemplant son Image précieuse.
215. Ils venaient reconnaître son caractère divin.
216. Ils venaient lui présenter leurs prières.
217. Beaucoup admirèrent la manière miraculeuse par laquelle
Elle était apparue,
218. puisqu´ absolument aucun homme de la terre n´avait
peint son Image aimée.